L’artisanat algérien est riche par son histoire et ses artisans. C’est un secteur national qui regroupe 506 104 activités avec 960 000 emplois créés en 2018 et qui a contribué avec 33 milliards de DA au PIB algérien en 2017

Les bijoux: Kabylie, Aurès, Sud algérois, Ghardaïa, Tamanrasset, des techniques et des matériaux multiples sont à la disposition des artisans. C’est surtout l’argent qui est employé par les populations rurales, l’or est employé dans les parures des villes comme Alger ou Constantine. Le bijou algérien est avant tout dans la forme et dans l’utilité un bijou berbère, c’est ensuite au gré des régions et des influences (islamiques, andalouses, africaines, ottomanes …) qu’il va s’enrichir de décors et de formes géométriques multiples, ce qui fait que l’Algérie est un des pays qui présente un panorama de bijoux le plus diversifié au monde tout en gardant une certaine authenticité4. En grande Kabylie, notamment, par dizaines et jusque dans les moindres villages, les bijoutiers produisent les bijoux faits de plans d’argent, cloisonnés de fils ou filigranes, sertis de corail ou émaillés dans les nuances bleu foncé, vert et jaune, dont les principaux sont les bracelets de bras ou de chevilles, les boîtes d’allumettes, bagues, colliers, broches, fibules, croix du Sud, etc.

Les tapis: points noués de Tébessa, Guelma, Annaba, Skikda, des Nemencha et du Hodna, du Guergour, de Laghouat, de Biskra, d’El-Oued, du Mzab, de Cherchell, de Sour El-Ghozlane, de Mascara, de Tlemcen, du Djebel Amour des Aurès8, tissés en poil de chèvre et laine, décorés de simples bandes transversales ou somptueusement parés de motifs losangiques en points multicolores, Dragga ou tapis tissés faits autour des Babors, servant de séparation à l’intérieur des Khaimas, étonnantes compositions issues de la conjonction des décors traditionnels berbères et des apports d’Orient.

La dinanderie existe en Algérie depuis le Moyen Âge. Les artisans emploient la feuille de cuivre pour fabriquer des ouvrages à des fins utilitaires et décoratives. Pendant la période ottomane, le savoir-faire algérien s’est enrichi de motifs et de techniques venues d’orient. Les grands centres en Algérie sont Alger, Tlemcen et Constantine. Dans le Sahara à Ghardaia et Tindouf surtout, il y aussi un type de dinanderie dont les œuvres sont plus massives et arrondies pour avoir une meilleure stabilité sur le sable.

Le cuir pour sa souplesse et sa résistance est utilisé en Algérie pour la confection d’une multitude d’objets (selles de cavaliers, babouches, poufs, sacs, etc.). Les centres les plus actifs sont les hauts plateaux, le Hoggar et le Mzab. Les grandes villes comme Tlemcen, Constantine ont conservé le savoir-faire de tannerie artisanale (debbaghines), mais actuellement ce savoir-faire se perd face à la concurrence des cuirs traités en Europe14. L’artisanat des Touaregs en ce domaine présente des originalités comme le taghallabt, un objet en forme de portefeuille ou aghreg, le sac de voyage. Le cuir de la région provient des chèvres ou des dromadaires. Il est coloré d’oxyde de cuivre lui donnant des teintes vertes et orné de symboles inspirés de l’alphabet tifinagh. En Kabylie les peaux de mouton et de chèvre sont aussi transformées parfois pour faire des outres et des sacs de voyage sans décoration.