Marabouts

Il existe une autre forme de dévotion populaire qu’on pourrait, en caricaturant un peu, appeler l’islam des campagnes par opposition à l’islam officiel des villes. De nombreuses localités portent le nom d’un marabout (saint) local. Souvent, une fondation ou une confrérie s’est créée autour du sanctuaire où ce saint est enterré. Une fois l’an, la population affirme sa ferveur religieuse lors d’un grand pèlerinage.

Mosquées

Si le mot français « mosquée » vient de masdjid, il ne faut pas se méprendre sur le sens de ce terme. Masdjid désigne le lieu où l’on se prosterne (devant Allah). Ce peut être bien sûr la mosquée, mais aussi n’importe quel endroit, pourvu qu’il soit dans un état de propreté et de sacralisation. Le vendredi est le jour du rassemblement (youm el djamuâa) et aussi le jour de la mosquée où est accomplie la grande prière collective.

Hammams

Les hammams sont encore très répandus en Algérie. Dans les villes, on en trouve au moins un par quartier et les tarifs pratiqués sont dérisoires. Ils servent de salles de bains publiques et constituent un lieu de rencontres important pour les femmes. Généralement, les hommes se lavent le matin et les femmes l’après-midi. Les petits garçons sont autorisés à accompagner leurs mamans, mais plus après un certain âge !

La place des femmes dans la société algérienne

La condition des femmes algériennes est loin d’être enviable. Elles qui pourtant avaient apporté une contribution non négligeable pendant la guerre d’Indépendance se sont vues écraser par le Code de la famille, constitué en 1984 par le gouvernement de Chadli Bendjedid. Allant à l’encontre de la Constitution algérienne qui reconnaît pourtant l’égalité des sexes, ce code prive les femmes algériennes d’un certain nombre de droits civiques et les place en situation d’infériorité par rapport à leur mari : inégalité en cas de divorce, inégalité face à l’héritage, nécessité de la présence d’un tuteur matrimonial, y compris pour la femme majeure, lors de la conclusion du contrat de mariage, etc.

Une lueur d’espoir fut entraperçue lorsque le président Bouteflika annonça un nouveau Code de la famille pour 2005. On espérait une réforme de fond, le texte n’a été, au bout du compte, que légèrement modifié.

On l’aura compris, la révolution n’est pas pour tout de suite, surtout dans un pays où le poids des traditions religieuses pèse encore beaucoup sur la société.

Cela dit, on a observé ces dernières années de petites évolutions, mais dans les grandes villes seulement. Les femmes sont parfois admises dans des lieux qui n’étaient autrefois réservés qu’à la gente masculine. Certains cafés et restaurants accueillent désormais les jeunes couples (mariés ou non).

Aussi, il n’est plus choquant de voir des groupes de jeunes demoiselles attablées à la terrasse d’une crêperie ou en train de déambuler le jeudi après-midi le long des rues commerçantes du centre-ville d’Alger. Quant aux touristes, elles ne rencontreront pas ou peu de problèmes du moment qu’elles laissent de côté minijupes, shorts et décolletés et qu’elles couvrent leur chevelure d’un foulard pendant la visite des lieux saints.

Religion – L’islam

La doctrine prêchée par Mahomet, et consignée dans le Coran, s’appelle l’islam, c’est-à-dire « résignation à la volonté de Dieu ». Les musulmans croient non seulement à la mission de Mahomet, leur prophète, mais aussi à celle de tous les messagers qui l’ont précédé : Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jean-Baptiste, Jésus-Christ, etc. Ils croient aux Psaumes, à la Torah, à l’Évangile, mais considèrent que ces livres révélés n’ont pas échappé à l’altération apportée par les hommes, altération qui a rendu l’unicité divine moins radicale. La mission de Mahomet est de rétablir la révélation divine dans son intégrité.

La succession de Mahomet n’est toujours pas réglée, puisque deux doctrines différentes opposent les chiites et les sunnites, le sunnisme étant le courant majoritaire de l’islam. La religion officielle en Algérie est l’islam de tradition sunnite